Cycles. Responsabilité.
15 avril 2025.
Je viens des Balkans.
Récemment, j’ai vu des vidéos sur TikTok qui disaient : « Trois choses qui n’existent pas dans les Balkans : la dépression, le gluten et le véganisme ».
L’algorithme nous connaît bien finalement.
TikTok, où scroller pour oublier…
Enfin, ces choses n’existent pas jusqu’au jour où la maladie arrive, la rupture ou l’accident. Le corps lâche. Le malaise semble arriver soudainement alors qu’il se développait comme un murmure depuis des années.
Corps et esprit sont intrinsèquement liés, comme l’expliquent bien les travaux de Gabor Maté.
Ceci est une réalité au-delà des Balkans dans toutes nos sociétés hyperactives où les humains naviguent à vue, survivent en se tenant bien occupés pour ne surtout pas ressentir.
J’enseigne depuis 15 ans. Je remarque que les étudiants, quelle que soit leur origine sociale, peinent à exprimer leur désaccord, frustration et émotions. Normal. Les adultes, eux-mêmes, n’y arrivent pas.
Ces mêmes étudiants deviendront à leur tour salariés, managers et chefs d’entreprise et auront la responsabilité de composer avec les émotions d’autres humains. En improvisant. Sans avoir appris.
Les difficultés scolaires deviennent les difficultés professionnelles. Les harceleurs de cours de récré deviennent les managers toxiques, certains consciemment, d’autres inconsciemment, et les autres regardent sans réagir, apeurés ou complices du système. Pire, indifférents. Comme à la cours de récré finalement.
Les schémas se répètent.
Les rapports de force se perpétuent.
Les difficultés relationnelles entravent le bien-être, la cohésion et donc la productivité. Un employé malheureux devient négatif et la négativité produit l’incapacité.
Les uns quittent le navire.
Les autres bougonnent et ronchonnent sans trouver de solution.
Et ces cycles vicieux continuent et se transmettent de génération en génération.
Et si l’on apprenait d’abord aux enfants à gérer leur frustration ? Peut-être qu’ils s’amélioreraient en lecture et en maths au lieu de baisser les bras à la moindre difficulté, en s’abandonnant à la première IA venue.
Et si des entreprises pionnières s’engageaient à ne pas perpétuer ces schémas mais plutôt à former leurs employés à une productivité saine et un travail épanouissant ?
Cette réflexion m’amène à une réponse : la responsabilité.
La réponse, c’est la responsabilité.
« C’est pas moi, c’est l’autre », c’est encore une phrase d’enfant.
Celui qui disait : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » avait raison.
Nos actions sont notre responsabilité.
Se cacher derrière des chiffres ou des priorités de rendement, ce n’est que déplacer le problème. Ce n’est ni lucide ni mature.
Alors, prenons la responsabilité de nos actes en œuvrant pour davantage d’éducation et de formation aux compétences interpersonnelles, pour communiquer au mieux ce dont nous avons besoin et faciliter nos relations à autrui, et enfin pour nous engager dans un cercle vertueux de productivité.