Des cours d’empathie ?

J’observe encore beaucoup de réticences à l’idée d’intégrer des cours d’empathie au programme scolaire.

Des commentaires impliquant que l’empathie est une chose naturelle, et que l’école a d’autres chats à fouetter.

Pourtant, les cours d’empathie sont partie intégrante du cursus scolaire dans d’autres pays comme au Danemark.

Et c’est bien vrai, l’école gère déjà d’autres problématiques liées à la violence, au manque de moyens ou au poids des procédures administratives. J’en sais quelque chose, j’ai passé dix ans à l’Education Nationale.

Néanmoins, est-on allé chercher le fond, la cause de ces problématiques ?

N’est-ce pas précisément le manque d’empathie qui mène à la violence, à l’incompréhension et aux malentendus ?

Qu’est ce que l’empathie ?

Suffit-il de comprendre l’idée, le concept, de manière intellectuelle, cognitive ou bien de l’appliquer au quotidien, de la mettre en action ?

Il n’est pas si facile de comprendre l’autre surtout quand l’autre vient d’une culture ou d’une perception du monde complètement différente de la nôtre. Culture en tant que système de valeurs accepté par une communauté.

Si nous changions de position perceptuelle, pourrions-nous davantage comprendre l’autre ?

« Moi je » n’est qu’une dimension, qu’un prisme - la première position perceptuelle.

Que faire du « nous », du vivre ensemble ? Nous sommes-nous éloignés du ressentir ?

En enseignant l’intelligence émotionnelle, je me rends compte qu’énormément d’étudiants et de professionnels considèrent l’expression des émotions comme une marque de faiblesse.

Et précisément, la culture, l’environnement dans lequel nous évoluons influencent grandement comment nous percevons l’expression des sentiments.

Dans beaucoup de cultures ou sociétés, il est difficile d’exprimer ce que nous ressentons :

“Un garçon, ça ne pleure pas”, ou bien “Tu as vu la collègue qui a pleuré hier?”, comme si cela était une tare de pleurer, ou un manque de professionnalisme.

Pleurer est un besoin, et une expression naturelle et saine de nos émotions.

L’intelligence émotionnelle ne veut pas dire tout prendre à cœur ou être submergé, au contraire cela implique de reconnaître nos émotions, nos besoins et de savoir les communiquer clairement.

L’intelligence émotionnelle nous permet de montrer bien plus d’empathie envers nous-mêmes et envers les autres mais aussi d’éviter les jeux de pouvoir et poser de bonnes frontières.

Comprendre l’autre veut dire comprendre d’où il vient, ses croyances, ses perceptions et ce qui motive ses décisions.

L’intelligence émotionnelle est une donnée essentielle dans la sphère personnelle mais aussi professionnelle.

La Harvard Business Review a récemment publié un article sur l’importance de l’intelligence émotionnelle en négociation commerciale.

Le storytelling et la négociation repose entièrement sur l’intelligence émotionnelle.

Des industries entières reposent sur les sciences humaines et la gestion des émotions.

Des scientifiques, des chercheurs, des professeurs et de grandes écoles étudient l’importance de l’intelligence émotionnelle, et pourtant certains doutent encore de l’intérêt d’ajouter cette matière aux programmes scolaires dès le plus jeune âge.

C’est précisément notre capacité à nous remettre en question et à considérer l’autre avec empathie et humilité qui créée des environnements florissants.

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